Imaginez obtenir un second figuier aussi productif que l’original sans acheter de plant ni utiliser de produits spéciaux. C’est possible. En fin d’hiver, un simple geste vous permet de multiplier votre arbre. Voici comment réussir une bouture en février, même si vous débutez.
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Pourquoi choisir février pour bouturer votre figuier
En fin d’hiver le figuier est au repos apparent. Pourtant, la sève commence déjà sa montée. Les rameaux ont emmagasiné des réserves pendant l’hiver. Coupés à ce moment-là, ils utilisent ces réserves pour produire des racines.
Si vous attendez l’éclosion des bourgeons, l’énergie partira d’abord dans les feuilles. La bouture s’enracine alors plus difficilement. Agissez en février ou début mars selon votre région. Au-delà, il vaut mieux patienter jusqu’à l’hiver suivant.
Choisir la bonne branche et préparer les coupes
Repérez un rameau de l’année précédente. Il doit être lignifié, gris ou brun, et non vert et tendre. Visez une longueur de 20 à 25 cm. L’épaisseur doit se rapprocher d’un crayon, avec 3 à 4 bourgeons visibles.
Munissez-vous d’un sécateur propre et affûté. Faites une coupe nette à la base, juste sous un bourgeon. Au sommet, réalisez une coupe en biseau à environ 1 cm au‑dessus du dernier bourgeon. Ainsi vous évitez de planter la tige à l’envers.
Le substrat et le pot : proportions et volumes
Pour un taux de réussite élevé, utilisez un mélange drainant. Préparez une proportion simple : 2 parts de terreau pour 1 part de sable de rivière ou de perlite. Exemple pour un pot de 5 litres : 3,5 L de terreau + 1,5 L de sable.
Choisissez un pot profond d’au moins 20–25 cm et un volume de 3 à 5 litres pour une bouture. Ajoutez 1 à 2 cm de gravier au fond pour améliorer le drainage.
Planter la bouture et assurer sa reprise
Enfoncez la bouture aux deux tiers ou trois quarts du pot. Laissez au moins un bourgeon dépasser. Tassez légèrement pour supprimer les poches d’air. Arrosez modérément : environ 150 à 300 ml selon la taille du pot pour humidifier le substrat sans le détremper.
Installez une cloche improvisée avec une bouteille plastique de 1,5 à 2 litres : coupez le fond et placez-la sur le pot. Laissez le goulot ouvert pour renouveler l’air. Posez la bouture dans un endroit lumineux, sans soleil direct chaud.
Suivi : signes de reprise et plantation définitive
Vous verrez souvent de petites feuilles apparaître avant que les racines ne soient totalement formées. C’est normal. Ne tirez pas sur la tige pour vérifier. Arrosez seulement si le substrat sèche en surface.
Attendez que la croissance devienne régulière. Pour la mise en pleine terre ou dans un grand pot, préférez l’automne suivant. En pleine terre, prévoyez un espacement de 3 à 5 mètres selon la vigueur du sujet.
Variétés et choix selon votre région
Votre bouture reproduira fidèlement le figuier mère. Dans le sud, privilégiez les variétés bifères si vous voulez deux récoltes. Au nord de la Loire, les figuiers unifères sont souvent plus adaptés.
Quelques recommandations : la Goutte d’Or reste compacte et idéale pour les petits jardins ou les pots. La Noire de Caromb est plus vigoureuse et convient aux espaces plus grands.
Astuces pratiques et erreurs à éviter
- N’utilisez pas de tiges vertes et tendres. Elles pourrissent.
- Ne laissez pas le substrat détrempé. L’humidité stagnante fait pourrir la coupe.
- Evitez de planter trop superficiellement. Enfoncez jusqu’aux deux tiers.
- Placez la bouture à l’abri des grands froids et des vents secs.
- Si vous êtes en appartement, optez pour un pot de 20–30 litres plus tard pour que l’arbre se développe correctement.
Avec un peu de soin et le bon timing vous pouvez obtenir un second figuier gratuitement. C’est simple, satisfaisant et souvent rapide. Alors pourquoi ne pas essayer ce mois-ci ?


